Courir autrement : quand le frame running libère les corps et les esprits

3 novembre 2025

Le frame running, un sport pour les personnes atteintes de paralysie cérébrale

Samedi 4 octobre 2025, Juliette, atteinte de la mutation génétique COL4A1, a participé à l’Open de France de frame running à Florange, sous les couleurs de l’équipe d’Île-de-France. Elle a terminé troisième de l’épreuve du 100 mètres !
C’est au sein de son IEM, grâce à ses professeures d’éducation physique adaptée, Séverine et Alice, qu’elle a découvert ce sport.
Juliette souhaite aujourd’hui le faire connaître, convaincue qu’il pourrait aider d’autres enfants atteints de paralysie cérébrale ou de quadriplégie spastique à s’épanouir comme elle.


Crédit photo : Florent Pervillé

Qu’est-ce que le frame running ?

Créé au Danemark en 1991 par la paralympienne Connie Hansen et l’ancien athlète Mansoor Siddiqi, le frame running (ou « course sur cadre ») est une discipline athlétique adaptative, principalement destinée aux personnes atteintes de paralysie cérébrale. Mansoor Siddiqi en est aujourd’hui le coordinateur international.
Développé en partenariat avec la Cerebral Palsy International Sports and Recreation Association, ce sport se pratique à l’aide d’un frame runner : un tricycle sans pédales permettant de courir sans contrainte d’équilibre.

Il s’adresse aux personnes présentant des troubles moteurs (paralysie cérébrale, dystrophie musculaire, amputation, agénésie des membres inférieurs, etc.), qui se déplacent habituellement en fauteuil roulant, avec un déambulateur ou des béquilles.
Le coureur s’appuie sur le cadre pour se maintenir debout et propulser le frame runner avec ses pieds. Cette structure ingénieuse offre une sensation unique de liberté et de vitesse, souvent vécue pour la première fois sans fauteuil roulant.

Les athlètes concourent sur des distances similaires à celles de l’athlétisme traditionnel : 50, 100, 200, 400, 800 mètres, mais aussi 5 km, 10 km, semi-marathons et marathons.

Vers la reconnaissance officielle de la discipline

En 2017, le frame running a été reconnu comme discipline de piste par World Para Athletics. Des épreuves de 100 mètres ont été organisées aux Championnats d’Europe de para-athlétisme (2018 et 2021) ainsi qu’aux Championnats du monde (2019).
Bien qu’elle n’ait pas été retenue pour les Jeux paralympiques de Paris 2024, la discipline figurait au programme des Championnats du monde 2023.
Bonne nouvelle : le frame running fera son entrée aux Jeux paralympiques de Los Angeles 2028 !

Les bienfaits du frame running

Au-delà de la performance sportive, le frame running procure de nombreux bienfaits physiques et psychologiques :

🌈 Liberté de mouvement et autonomie retrouvée
💪 Renforcement musculaire des jambes, du tronc et amélioration de la posture
Travail cardiovasculaire doux et adapté
🤝 Inclusion sociale, partage et dépassement de soi

Témoignages

Ce qu’en dit Juliette :

« Ce que j’aime dans le frame running, c’est que je me sens libre, et ça va vite ! »

Ce qu’en dit sa maman :

« Juliette a trouvé un sport qu’elle peut pratiquer et dans lequel elle s’épanouit. C’est très gratifiant pour elle de se dépasser comme les autres. Cela développe son goût de l’effort et renforce sa confiance en elle. J’ai été surprise de la voir sourire en plein effort : elle semble vraiment heureuse lorsqu’elle court. »

Témoignage d’Alexis Quérou, enseignant d’Activités Physiques Adaptées à l’Institut d’Éducation Motrice Madeleine Fockenberghe de Gonesse.

« Il y a des jeunes, au premier abord, je ne suis même pas sûr qu’ils arrivent à bouger les jambes et au final ils arrivent à se déplacer debout. Au début, tout doucement et puis au fur et à mesure, ils se retrouvent même à courir au bout de quelques séances. C’est vraiment à tester avec tout le monde. Pour des jeunes très mal marchants, se retrouver à pouvoir courir c’est une liberté énorme, j’ai un jeune qui se déplace difficilement avec son déambulateur, avec le frame runner, il court tout seul sans s’arrêter. »

👉 Pour en savoir plus sur cette discipline et découvrir d’autres témoignages, consultez l’article complet de la Fédération Française Handisport :
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